18 janvier 2016 · Documenti e testi

Dialogue avec les familles à la Fête des Témoignages de la VII Rencontre mondiale des Familles (2 juin 2012)

  1. FAMILLE ARAUJO (famille brésilienne de Porto Alegre)

MARIA MARTA : Sainteté, comme dans le reste du monde, au Brésil aussi les échecs matrimoniaux continuent d'augmenter.

Je m'appelle Maria Marta, voici Manoel Angelo. Nous sommes mariés depuis 34 ans et nous sommes déjà grands-parents. En tant que médecin et psychothérapeute familiale, nous rencontrons de nombreuses familles et nous constatons, dans les conflits de couple, une difficulté toujours plus marquée à pardonner et à accepter le pardon ; mais dans plusieurs cas nous avons trouvé le désir et la volonté de construire une nouvelle union, quelque chose de durable, aussi pour les enfants qui naissent de cette nouvelle union.

MANOEL ANGELO : Certains de ces couples remariés voudraient se rapprocher de nouveau de l'Église, mais quand ils se voient refuser les Sacrements, leur déception est grande. Ils se sentent exclus, marqués par un jugement sans appel.

Ces grandes souffrances blessent au plus profond ceux qui les vivent ; ce sont des déchirures qui deviennent aussi une part du monde, et ce sont aussi nos blessures, celles de toute l'humanité.

Très Saint-Père, nous savons que ces situations et ces personnes tiennent beaucoup à cœur à l'Église : quelles paroles et quels signes d'espérance pouvons-nous leur donner ?

LE SAINT-PÈRE : Chers amis, merci pour votre travail de psychothérapeutes pour les familles, un travail très nécessaire. Merci pour tout ce que vous faites afin d'aider ces personnes qui souffrent. En réalité, ce problème des divorcés remariés est l'une des grandes souffrances de l'Église d'aujourd'hui. Et nous n'avons pas de recettes simples. La souffrance est grande et nous ne pouvons qu'aider les paroisses, les personnes, à aider ceux qui doivent supporter la souffrance de ce divorce. Je dirais que la prévention serait naturellement très importante, c'est-à-dire approfondir dès le début l'amour naissant pour en faire une décision profonde et mûrie ; et en outre l'accompagnement durant le mariage, afin que les familles ne soient jamais seules mais soient réellement accompagnées sur leur chemin. Et puis, quant à ces personnes, nous devons dire – comme vous l'avez dit – que l'Église les aime, mais elles doivent voir et sentir cet amour. Il me semble que c'est une grande tâche pour une paroisse, pour une communauté catholique, de faire réellement le possible pour qu'elles se sentent aimées, accueillies, qu'elles ne sont pas « dehors » même si elles ne peuvent pas recevoir l'absolution et l'Eucharistie : elles doivent voir qu'ainsi elles vivent pleinement dans l'Église. Peut-être, si l'absolution dans la Confession n'est pas possible, un contact permanent avec un prêtre, avec un guide de l'âme, est-il cependant très important, afin qu'elles puissent voir qu'elles sont accompagnées, guidées. Il est ensuite très important qu'elles sentent que l'Eucharistie est vraie et partagée si elles entrent réellement en communion avec le Corps du Christ. Même sans la réception « corporelle » du Sacrement, nous pouvons être spirituellement unis au Christ dans son Corps. Et il est important de le faire comprendre. Qu'elles trouvent réellement la possibilité de vivre une vie de foi, avec la Parole de Dieu, avec la communion de l'Église, et qu'elles puissent voir que leur souffrance est un don pour l'Église, parce qu'ainsi elles servent tout le monde, y compris en défendant la stabilité de l'amour, du Mariage ; et que cette souffrance n'est pas seulement un tourment physique et psychique, mais qu'elle est aussi une souffrance dans la communauté de l'Église pour les grandes valeurs de notre foi. Je pense que leur souffrance, si elle est réellement acceptée intérieurement, est un don pour l'Église. Elles doivent le savoir : c'est précisément ainsi qu'elles servent l'Église, qu'elles sont au cœur de l'Église. Merci pour votre engagement.

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